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12/04/2015

Jacqueline aime tant la monarde

OM__3682.jpgSirop, gelée ou beurre: la fleur rouge des Amérindiens est pleine de vertus


L’amour, ça ne se commande pas. L’histoire entre la monarde et Jacqueline Ray a commencé pendant les études de droguiste que suivait la native de Grandson. «Je me suis dit que j’en ferai un jour quelque chose», raconte-t-elle aujourd’hui. Comme l’amour ne craint pas les années, le souhait de la droguiste installée désormais à Yvonand ne s’est finalement concrétisé qu’en 2007. C’est à ce moment que Jacqueline a planté 300 m2 de cette lamiacée qui grimpe jusqu’à 1 mètre et qui donne de superbes fleurs de couleur fuchsia.

«C’est une PAM, une plante aromatique et médicinale», explique la petite entrepreneuse. Appelée également «mélisse d’or», cette herbacée originaire de l’est des Etats-Unis était utilisée par les Amérindiens comme antiseptique, on en buvait pour lutter contre les troubles de la digestion ou on l’inhalait pour combattre le rhume. Mais on peut également en utiliser les feuilles fraîches pour agrémenter des salades ou sécher ses pétales pour préparer des infusions.

Une culture qui demande du temps

Jacqueline voulait aller plus loin que les infusions et préparer par exemple ce sirop qu’adorent les Alémaniques. Son goût est délicat, avec des senteurs de mélisse, de thym, des notes de rose ou de fraise qui restent en bouche. «Je ne le fais pas très sucré et je n’utilise pas d’acide citrique. Et mes fleurs de la variété didyma sont cultivées de manière bio», s’exclame la maman de deux grandes filles, qui travaille toujours comme droguiste à 40%.

La culture de sa fleur préférée demande du temps. «C’est une plante vivace mais il faut la transplanter et la diviser tous les trois ans pour qu’elle soit à son apogée.» Elle a la chance de pouvoir le faire sur le terrain de l’ancienne ferme de ses parents, à Grandson. Comme la vigne, la monarde est sujette à l’oïdium, ce champignon qui ravage les plantes. «Et l’année passée a été difficile de ce côté-là», raconte la cultivatrice.

Quand arrive la mi-juin, les choses sérieuses commencent. Pendant six semaines, il va falloir aller tous les jours surveiller les fleurs, parce qu’on ne récolte que les pétales lorsqu’ils se sont déroulés et séparés en deux. On va donc passer et repasser sur la même fleur tout au long de la saison de cueillette. Et pas après la pluie, pour éviter des pétales humides.

Ensuite, il faut les sécher le plus rapidement possible, soit dans un séchoir solaire en cas de beau temps, ou dans un autre ventilé. «Cela sèche en trois heures mais on se lève souvent au milieu de la nuit pour aller inverser les claies ou en mettre de nouvelles», s’amuse Jacqueline. Sachant que la fleur perd 85% de son poids au séchage et que Jacqueline en obtient une trentaine de kilos par année, calculez le poids de pétales frais… Oui, 200 kg.

Après infusion – une dizaine de minutes dans de l’eau bouillante – et filtration, Jacqueline en fait donc des sirops, on l’a dit, mais aussi une gelée au goût subtil, un vinaigre aromatisé. Elle a également imaginé ajouter des pétales séchés à du beurre salé de L’Auberson pour un produit original à l’apéro, en tartine, ou qui accompagne délicatement une viande blanche ou un poisson. «Mais je ne peux pas développer beaucoup plus ma production, je n’ai pas le temps…»

Infos pratiques

Ces produits sont en vente chez Jacqueline Ray, à Yvonand, sur commande. www.monarde.ch

On les trouve aussi:

- au magasin La Ferme, à Yverdon-les-Bains;
- aux magasins Terre vaudoise, à Lausanne et à Pully;
- à la Maison des terroirs, à Grandson;
- au Marché Ciboulette, à Orny;
- au Marché du Grand-Mont, au Mont-sur-Lausanne.

Commentaires

Mais qui est cette dame aux yeux cernés qui renifle des substances dont nous ne connaissons ni les origines, ni les pouvoirs, sauf à lire ce que vous écrivez ici?

Tout cela semble bien appétissant.

Écrit par : Keren Dispa | 15/04/2015

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