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30/09/2014

Comme une cave qui part à vau l'eau

Editorial paru dans 24 heures du 30 septembre:

Décidément, cette année, le vignoble vaudois a souffert. De la météo, d’abord, qui fait dire que 2014 sera «un millésime d’œnologues», comprenez qu’après énormément de travail dans la vigne il en faudra encore beaucoup en cave. Ajoutez la mouche Drosophila suzukii qui pique avec ardeur les grains colorés au risque de les transformer en vinaigre. Et, hors des vignobles, les affaires Giroud ont soûlé les producteurs par les soupçons qu’elles ont fait naître, avant que ne surgisse ce vigneron de Tartegnin accusé d’avoir magouillé les quotas.


C’est au tour de Testuz de faire l’actualité avec un coupage illicite. Sans préjuger de l’enquête, on ne peut que regretter le déclin d’une maison qui remonte à 1538 dans le Dézaley. Au XXe siècle, Jean et Pierre Testuz firent le succès de l’entreprise, s’alliant avec Bindella, pour vendre leur production et des vins du monde, comptant jusqu’à 120 employés.

Mais le monde du vin a bougé à une vitesse phénoménale depuis les années 1980. Et Testuz, assise sur sa prospérité, s’est retrouvée en retard d’un train. Comme le disait son directeur au tournant du millénaire, après une première restructuration: «Nous ne changerons pas de politique, car nous sommes persuadés de la richesse d’une viticulture traditionnelle.» Des collaborations avec le Valaisan Gilliard, puis la reprise par Tobias Mathier n’y changeront rien. L’entreprise cède peu à peu du terrain, malgré l’annonce d’une recapitalisation. Pourtant, les derniers signaux sont inquiétants: des fournisseurs se tournent par sécurité vers d’autres caves pour vendre leur raisin, le best-seller Coup de l’Etrier abandonne la mention Epesses pour devenir un simple AOC Lavaux. Et l’essentiel de la mise en bouteilles se fait à Lucerne, alors que le directeur a déménagé dans le canton de Berne. Cette nouvelle enquête ne va pas faire remonter la réputation d’une maison qui fait jaser dans le vignoble.

08:40 Publié dans Vins | Tags : vin, vaud, lavaux | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Beeen, sais pas trop que dire, suis justement en train de boire un petit verre de Tartegnin blanc doux vendanges tardives 2012 acheté chez le petit commerce portugais du coin, et je tombe sur votre post par hasard, faut le faire :-)))

Et ma foi, je le trouve très bon, même si la teneur en alcool est clairement traitre et le taux de sucre un poil trop élevé à mon goût, quelques grains trop matures, voire endommagés, qu'il faut donc le diluer avec quelques glaçons, contrairement à certains Pineaux des Charentes dans la même gamme, qui eux sont parfaitement équilibrés, pas tous.

Néanmoins, cela reste pour nos régions, un vin acceptable plaisir, à un prix un peu exagéré niveau qualité-prix, mais on n'en a pas tant que cela en Suisse :-)

Je n'ai pas testé les autres vins du vigneron, ne peux donc pas en parler.

Écrit par : Jmemêledetout | 01/10/2014

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