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18/07/2014

Chez Jean-Luc Blondel, à Cully, le chasselas est au coeur de l'ADN

blondel1.jpgSon Calamin a obtenu la meilleure note de la Sélection des vins vaudois. Ses chasselas sont habitués à la gloire


Quand ce n’est pas l’un, c’est l’autre, voire encore un troisième. La semaine dernière, le Calamin 2013 de Jean-Luc Blondel, baptisé L’Arpège, remportait le Trophée Master de la Sélection des vins vaudois, soit la meilleure note des 905 vins présentés au concours, avec une moyenne de 94,4 sur 100. Belle performance. Mais le vigneron de Cully est un habitué des performances avec ses chasselas. En 2011, c’est son Epesses La Perle, millésime 2010, qui remportait les Lauriers de platine Terravin, qui sacrent le meilleur chasselas du canton. Alors que, en 2009 et en 2010, c’est son Dézaley Côte des Abbayes qui terminait 3e, puis 2e du même concours. Sans parler des belles places glanées du temps de feu la Coupe chasselas par son Champ-Noé. Bref, le garçon s’y connaît quand il s’agit de cultiver puis de vinifier ce cépage.

Perfectionniste

Il y a un côté perfectionniste chez lui que masque cet éternel sourire qui traverse la bouille de ce gamin de 53 ans. Vendredi, en recevant son prix, ce sourire était encore plus large. «Je ne suis pas toujours de bonne humeur, rigole-t-il sur sa terrasse qui domine le Léman. Tenez, quand mon Dézaley a terminé deuxième des Lauriers de platine derrière le Calamin de Simon Vogel, en 2010, j’étais grinche. Ensuite, à force de déguster les deux vins – le sien et le mien – pour les comparer et comprendre, j’ai fini un peu sur Soleure.»

Les Blondel n’en sont qu’à leur quatrième génération de vignerons. L’arrière-grand-père avait une ferme à la Blancherie, à Chavannes-près-Renens, avant de devenir laitier à Cully, où il avait également acheté un petit domaine. Du temps du père de Jean-Luc, il ne faisait encore que 1,2 hectare, et le jeune homme ne songeait pas un instant à devenir vigneron. «Mon père m’engageait en hiver pour aller ôter les bagues.» A 16 ans, le jeune homme commence un apprentissage de mécanicien-électronicien. «Pour pouvoir réparer mon ampli de guitare électrique.» Mais il se rend compte, six mois plus tard, qu’il «passait à côté de quelque chose». Il termine pourtant son apprentissage, puisque son frère avait pris goût à la vigne. Lorsque ce dernier est passé à autre chose, Jean-Luc est revenu à Cully, a suivi les cours de Marcelin et rencontré Francine Duboux, fille de vigneron et aussi souriante que lui.

Petit à petit, avec la reprise des vignes de son père et de son beau-père, quelques rachats et locations, le Domaine Blondel est passé à 7,5 hectares dès l’an 2000. C’est aussi là que le vigneron se rend compte que le diplôme de Marcelin, puis sa maîtrise fédérale, ne suffisent pas toujours en cave. Il s’y fait désormais aider par François Meylan depuis 2002.

Musique classique

Pour ce guitariste qui aime nommer ses vins en rapport avec la musique, le chasselas reste une symphonie qu’on traite avec respect. Les cinq vins issus des cinq appellations où il travaille sont élaborés de manière classique. «Mais, avec mon fils Louis, on essaie aussi, comme notre Soprano élevé sur lies fines en fûts de chêne, et bientôt dans un œuf.» Mais n’allez pas lui parler de renoncer à la malo, la deuxième fermentation, «cela dénature le chasselas. Pour vendre mes vins, je dois les aimer, je ne vais donc pas suivre des modes.»

Ses récompenses, Blondel les fabrique d’abord à la vigne. «Avec la pression économique, certains de mes confrères restreignent leur personnel, c’est dangereux. Il faut avoir assez de main-d’œuvre pour que les travaux se fassent au bon moment.» Si Louis a repris le rôle de chef de culture, son père continue à suivre les vignes avec beaucoup d’attention. «En cave, on vinifie de manière traditionnelle. Mais je reste maître du jeu quand il s’agit de collage, de préfiltration ou d’assemblage de cuves.» Autrement dit, certaines cuves d’une parcelle peuvent être vendues en vrac plutôt que mises en bouteilles si elles ne correspondent pas au goût du vigneron. «Arriver à un vin de qualité, c’est du travail. Mais pour gagner encore un tout petit peu en qualité, c’est le double de travail.»

Trois vins dont il est fier

blondel2.jpgLa Perle 2013, 70 cl, 14 fr. La Perle est un lieu-dit sous Epesses, en prolongement du Calamin. «C’est le même type de terre, presque le même terroir, sauf que la pente est moindre», donnant au-dessus du port de Moratel. «C’est ma marque phare», c’est aussi celle avec laquelle il avait obtenu les Lauriers de Platine Terravin en 2011. Un nez encore jeune qui développe des côtés floraux, une bouche équilibrée et ronde (12 000 bt.).

 

blondel3.jpgL’Arpège 2013, Calamin, 70 cl, 16 fr. 50 Le «meilleur vin» vaudois vient d’une parcelle de 3500 m2 sur la plus petite appellation du canton, reçue de son beau-père. «Un terroir très homogène, avec un sol argileux. Comme la parcelle s’appelle En Calamin, on a dû trouver un nom et, chez moi, il est en rapport avec la musique.» Le nez sent le foin avec une belle note minérale. La bouche a du volume, de la profondeur,du gras (3000-4000 bt.).

 

blondel4.jpgCôtes des Abbayes 2013, Dézaley, 70 cl, 18 fr. 50 «La parcelle est au cœur du Dézaley, là où sont installées les lettres blanches, près d’un hectare et demi d’un seul tenant.» Une rareté en Dézaley. «C’est juste à côté du Clos des Abbayes de la Ville de Lausanne.» Un sol argilo-calcaire qui donne «un des joyaux de la maison». Un nez de fruits blancs, d’amande et de miel, de la minéralité, une bouche d’une belle élégance toute en droiture (10 000 bt.).

 

Fiche technique

Quoi? 7,5 ha (6 ha en propriété) sur cinq appellations: Dézaley, Calamin, Epesses, Villette et Saint-Saphorin. 85% plantés en chasselas, le reste en divers cépages rouges. Quatre employés, dont son fils, Louis.

Combien? 14 vins, dont 7 chasselas (les cinq appellations, un Dézaley Prestige et un Soprano sur lie élevé en fûts de chêne), 1 liquoreux, 1 rosé et 4 rouges. De 13 fr. (Villette) à 35 fr. (Ténor Dézaley rouge).

Comment? La moitié vendue à des privés, le tiers entre restaurants, grossistes et revendeurs, le solde en vrac.

Où? Domaine Blondel, ch. du Vigny 12, 1096 Cully. 021 799 31 92. www.domaine-blondel.ch.
Cave ouverte le samedi matin de 10 h 30 à 12 h 30 ou sur rendez-vous.

Commentaires

Le "Dézaley Prestige" 2011: là, on est vraiment dans la stratosphère ! Très très grande découverte.

L'Arpège: vraiment excellent; à boire jeune et bien frais.

Le Côte des Abbayes 2013: un monument dans un an.

Écrit par : petard | 12/08/2014

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