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08/10/2011

Une pomme au cœur si rouge

POMME_ROUGE_286.jpgA Rolle, André Tellenbach cultive ce fruit particulier, après de nombreuses années pour en retrouver l’arbre


A deux pas de Rolle, dans le petit paradis qui donne son nom à son domaine, André Tellenbach a de l’imagination. Cet ingénieur agronome qui a beaucoup bourlingué a repris cette exploitation attenante à la Fondation Claudi Russell-Eynard dans l’idée de proposer des «choses différentes». A côté des grandes cultures qui assurent l’essentiel des revenus, il s’était donc lancé dans la production de toutes sortes de fruits plutôt rares, des nashis aux cormes par exemple. «Mais ça me prenait tellement de temps d’expliquer à chaque fois ce que c’était avant de les vendre que j’ai peu à peu abandonné ce type de culture. Je suis revenu à des choses plus simples, fraises, asperges ou courges», explique-t-il.

En 1993, il se met en chasse de pommes à chair rouge dont il avait trouvé la trace dans la littérature scientifique. Et c’est finalement aux Etats-Unis qu’il en trouve des spécimens, dans des cercles de passionnés amateurs de fruits anciens. «Comme il n’y avait pas de pommiers en Amérique avant l’arrivée des colons, il s’agit bien de variétés européennes qui ont été apportées là-bas», explique-t-il.

Il réussit à faire venir des baguettes de huit variétés différentes, qu’il doit d’abord laisser à l’Agroscope de Changins-Wädenswil pendant deux ans. C’est la règle quand on importe des plantes non connues dans nos contrées, l’institut vérifiant ainsi ces variétés «exotiques». Lorsqu’il les récupère enfin, il va donc prélever des yeux sur les baguettes pour les greffer sur des porte-greffes standards. «J’en avais toute une ligne là-bas en 1997», dit-il en désignant un bout de son petit verger. «Je ne m’en suis pas occupé pendant des années, ni taille ni traitement, juste pour voir comment ces arbres allaient évoluer. Certains ont attrapé le mildiou, d’autres ont donné des fruits à chair rouge bordeaux magnifiques, mais tellement acides qu’ils étaient immangeables à la main. J’en ai encore, mais on en fait des tartes formidables. Vous devriez voir ça. Parfois, on mélange en mettant du rouge et du blanc en alternance, c’est amusant!»

Mais il a aussi quelques arbres aux pommes intéressantes tant du point de vue de la couleur, un rouge sanguin un peu clair, que du goût. Son nom? L’hidden heart, «le cœur caché». Un nom que l’on comprend tout de suite en coupant le fruit en deux et en admirant le dessin que forme le cœur rouge entouré d’un liseré crème, avec un cœur duveteux où se nichent les pépins. La ressemblance est évidente.

André Tellenbach va dès lors multiplier cette variété. Il en a aujourd’hui 500 arbres qui produisent enfin – dix-huit ans après la première idée – suffisamment de fruits pour en faire un vrai commerce. Les premiers acheteurs sont séduits par cette pomme originale. Son goût n’est pas trop sucré, avec une acidité agréable et une petite touche de cerise en fin de bouche. Elle est vendue chez lui ainsi que chez quelques collègues qui ont aussi un marché paysan. «J’en ai aussi fait du jus de pomme. Il est très bon, et a une jolie couleur rosée. Il a directement fait une médaille de bronze au concours des jus de pomme la première année.»

Les fruits du paradis, route de Genève 38, 1180 Rolle. 021 825 37 05.

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