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14/11/2009

En Valais, le vin a une très longue histoire

vin_valais.jpgSept ans de travail, 30 experts, 1,8 million de francs: le plus grand canton viticole de Suisse sait désormais tout de son produit phare à travers un livre passionnant. C’est un travail de longue haleine auquel s’est attelée Anne-Dominique Zufferey, directrice du Musée valaisan de la vigne et du vin. Avec ses d’experts – archéologues, historiens, agronomes, ethnologues, géographes –, pendant sept ans, elle a reconstitué l’histoire du vin en Valais, un domaine essentiel à la société et à l’économie de ce qui est aujourd’hui le premier canton viticole de Suisse.


L’histoire est longue et commence près de sept siècles avant Jésus-Christ. On faisait très certainement du vin en Valais deux siècles avant que le sud de la France ne découvre ce breuvage importé de Méditerranée. Les Romains, quelques siècles plus tard, ne feront que renforcer cette culture dans des fermes gallo-romaines.

Au Moyen Age, le vignoble est déjà installé de «manière puissante et large», selon le professeur Pierre Dubuis, qui a supervisé cette période. Le vin est ancré dans la société, mais à la manière d’une culture vivrière. Les seigneurs, l’Eglise ou les simples paysans cultivaient la vigne pour leurs propres besoins. Il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir les premiers essais de commercialisation.

Surtout, la viticulture commence à s’organiser. Des vignerons, des négociants apparaissent en même temps que l’arrivée du chemin de fer, qui permettra de vendre le vin en Suisse alémanique. Mais, pour cela, il faudra abandonner ou presque les cépages autochtones et cultiver du chasselas et du pinot noir.

L’Etat et le phylloxéra

On connaissait pourtant l’humagne blanche, la rèze et le cornalin depuis 1313 en tout cas (première mention), le muscat dès 1536, l’arvine dès 1602, etc. Ce sont ces cépages qui sont aujourd’hui revenus en grâce et qui sont les fleurons du secteur.

Au début du XXe siècle, l’Etat s’en mêle pour développer une activité rentable dans un canton pauvre. En 1920, première surproduction. Arrive alors le phylloxéra qui ravage les vignes. Les coopératives naissent et les vignobles ne cessent de croître. De 2200 hectares en 1877 (4% du total suisse), on en compte près de 5200 aujourd’hui (34,3% de la Suisse)! Alors que les Vaudois ne cessent de réduire leurs vignes, le Valais prend la tête en Suisse en 1957.

On apprend mille choses dans cette bible très accessible et écrite en petits chapitres clairs. Eclairages, portraits et anecdotes rendent l’histoire de la vigne en Valais plus vivante que jamais.

Histoire de la vigne et du vin en Valais, Ed. Infolio et MVVV, 576 p., 85 fr. www.histoireduvin.ch.

 


 

Le grand apport des vaudois aux vins valaisans

Malgré la concurrence qui les divise toujours en matière de vin, les Valaisans doivent beaucoup aux Vaudois dans le développement de leur viticulture.

-  Ce fut d’abord les conséquences de la guerre du Sonderbund. Perdant, le Valais devait 1 million de francs de l’époque aux vainqueurs. Le gouvernement radical et anticlérical récupéra donc les possessions de l’Eglise pour les vendre. Parmi elles, de nombreuses vignes achetées par des vignerons et des négociants qui débutèrent la commercialisation du vin valaisan.

- Véritable terre de Cocagne, le Valais attira ensuite de nombreux Vaudois qui y achetèrent des vignes et les développèrent: François-Eugène Masson, le premier, qui créa et développa le Domaine du Mont-d’Or, à Sion. Puis les
de Rameruz, de Rahm, Spühler, de Cérenville, Kohler, Guinand, Decker, Bosset, Mercier,
Ruffieux, Charrière de Sévery, Demierre, Francey, Petit,
Edmond Gilliard, Marc Morel entre autres.

- C’est à la même époque que les Vaudois fournirent aux Valaisans des cépages plus productifs que les cépages traditionnels valaisans: le chasselas et le pinot «de Cortaillod», venu de Bourgogne et de Neuchâtel. La commercialisation pouvait commencer. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour voir les spécialités revenir en force.

- Alors que les Valaisans renouvelaient leurs ceps par «versannes» – sortes de tranchées – avec une taille typique qui donnait aux vignes un aspect désordonné, ils adopteront par la suite la «méthode vaudoise» avec le gobelet bas sur échalas.

- Et, lors de l’attaque de phylloxéra au début du XXe siècle, les Vaudois tenteront d’aider les Valaisans en leur fournissant du sulfure de carbone.

08:15 Publié dans Terroirs, Vins | Tags : vin, valais, cépages, rouge, blanc | Lien permanent | Commentaires (0)

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