Widgets Amazon.fr

« Un amour de courge | Page d'accueil | Les atriaux d'Edgar Bovier... pardon de Bouby »

13/10/2009

GaultMillau récompense un chef trop modeste

PIERRICK_SUTER_76.JPG«Je ne me suis jamais pris pour le meilleur du monde. Je n’ai rien inventé et je ne vais pas écrire un livre.» Quand il a appris que la nouvelle édition du guide GaultMillau le nommait «promu romand de l’année» et lui attribuait un seizième point (sur vingt), Pierrick Suter a pris la nouvelle avec philosophie: «On ne va pas être malheureux, quand même…» Mais la nouvelle ne va pas bouleverser une carrière que le chef de 44 ans mène avec une tranquille assurance dans son Hôtel de la Gare, à Lucens.


De Bussy-sur-Moudon, où il est né, il n’aura parcouru que 5 kilomètres pour reprendre l’établissement de sa femme, Jeanne-Lise, il y a quinze ans… Mais le trajet l’a vu passer à Küsnacht, avec Edgar Bovier, à Echallens, avec Bernard Ravet, ou à Crissier, avec Fredy Girardet. Sans oublier une étape canadienne.

La tête sur les épaules

Tout cela aurait pu donner la grosse tête au vice-président suisse des Jeunes Restaurateurs ou au membre des Grandes Tables de Suisse. Mais ce n’est pas le genre de notre solide Broyard au rire tonitruant. Et c’est sans doute une des raisons de son succès. Dans les deux petites salles de son restaurant, on trouve encore un menu du jour à prix raisonnable et une carte aux tarifs tout ce qu’il y a de modestes, malgré la qualité de la cuisine. «C’est vrai que je veille à garder un excellent rapport qualité-prix. C’est mon créneau. Les gens qui viennent ici savent ce qu’ils auront dans l’assiette, on ne survend pas la cuisine. L’important, c’est que les clients soient bien quand ils ressortent. Et je ne reçois jamais de lettre de réclamation.»

Cette modestie camoufle une excellente cuisine, où l’inventivité n’est pas toujours le maître- mot, mais où la qualité des produits et des préparations est impeccable. Ajoutez à cela le service souriant de son épouse et une belle cave de passionné. De quoi attirer une clientèle d’habitués, qui ne cesse de s’élargir et qui vient de plus en plus loin. «On se fait presque du souci devant l’affluence, explique le chef. Ce n’est pas facile pour le personnel, d’autant que faire venir dans la Broye des collaborateurs de qualité n’est jamais chose simple.»


Et les autres?

Dans les autres nominations du guide, signalons la surprise de voir le jeune chef grison Andreas Caminada, du Schauenstein, à Fürstenau, devenir pour la deuxième fois en deux ans «cuisinier de l’année», avec 19/20. Sa probable troisième étoile au Michelin n’est peut-être pas étrangère au fait.

La «découverte de l’année» est Pierre Crepaud, chef du luxueux Hôtel Le Crans, à Crans-Montana, qui entre directement à 15 points. Enfin, le «sommelier de l’année» est Geoffroy Bentrari, chez Didier de Courten, à Sierre.


Les Vaudois heureux gagnants

C’est dans le canton de Vaud que le guide a enregistré le plus de mouvements. L’«arrivée» d’Anne-Sophie Pic au Beau-Rivage, à Lausanne, lui vaut un texte sans note, le guide ne sachant pas encore comment la cheffe de Valence tiendra la maison. Outre Pierrick Suter, Jacky Vuillet gagne un 16e point dans son Auberge de Lavaux, à La Conversion.

Gagnent 15/20: La Table de Mary, à Cheseaux-Noréaz; La Gare, à Cully; le Jorat, à Mézières; le Grand Hôtel du Lac, à Vevey et le Mirador rénové, au Mont-Pèlerin.

Promus à 14/20: Au Vieux Navire, à Buchillon; les Trois Couronnes, à Vevey et le MC’s, à Lausanne (nouveau).

A 13/20: les Trois Tilleuls, à Genolier; le Pur, à Lausanne; le Café de Luan, à Corbeyrier (nouveau); le Jardin des Alpes, à Villars-sur-Ollon (nouveau) et Au Cavalier, à Saint-George (nouveau).

Entrent dans le guide à 12/20: L’Auberge Communale du Mont-sur-Lausanne; l’Aérodrome de Prangins; le Bon Rivage, à La Tour-de-Peilz, et le Grand Hôte des Bains, à Yverdon-les-Bains.

En Valais, notons enfin le 17e point de Martial Braendle, dans son Auberge de Vouvry.

Les commentaires sont fermés.