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01/04/2009

Le Léman au petit matin

Alain_Schmid.jpgAu moment d'embarquer, l'aube jetait une extraordinaire lumière rose sur le lac, d'un calme d'huile. Les couleurs du petit matin sont les plus belles du monde. En fait, j'ai eu le privilège de partir sur la barque d'Alain Schmid, pêcheur professionnel à Vidy, l'autre matin. L'occasion de partager quelques heures avec un passionné de 25 ans qui a toujours voulu sa barque sur le Léman. Bien sûr, le métier est dur. Essayez de vous lever à 5 heures du mat', un matin de décembre, d'enfiler quelques couches d'habits sous votre ciré et de vous embarquer dans la brume et le froid pour aller relever des filets. Mais quand on aime...


Comme Schmid a eu pitié de moi, il ne m'a donc pris qu'au deuxième passage. Il faut dire que le photographe qui nous accompagnait avait besoin de lumière. Mais, même au deuxième passage de ce mardi de mars tout ensoleillé (c'est suffisamment rare pour mériter d'être souligné), il faisait froid sur cette barque. L'humidité, un petit vent tout doux au large et tout ça... Mais les images du lac en valaient la peine.

Pendant ce temps, le pêcheur conduit sa barque debout, surveille les risées, s'arrête pour saluer deux confrères. La remontée des filets réserve son lot de surprises. Là, il avait prévu du brochet et posé les filets pour (une question de taille des trous). Mais on en a quand même eu plein d'autres. C'est la vie et c'est à ça que s'attend le pêcheur.

La météo peut bousculer son programme, les poissons changer d'habitude, les filets se déchirer, le lac brasser. Il faut l'accepter, savoir en rire. Alain Schmid, du haut de ses 25 ans, a déjà cette sérennité, cette acceptation de la nature omnipotente. Le jeune responsable de la promotion des poissons du lac voit aussi l'avenir. Celui-ci passe par la qualité, par l'écoute des consommateurs. Par exemple dans le cas du brochet, qui pullule aujourd'hui. Comme les clients, ces flemmards, craignent toujours la réputation de poisson à arêtes du brochet, on va donc désarêter la bête. Cela suppose du travail supplémentaire, et une perte de revenu, puisque le prix du filet sans arêtes est, dans le fond, moindre que celui du poisson entier. Pas de problème pour Alain Schmid. Pas de lamentation, juste le constat d'une situation et son acceptation.

Un métier dur, donc, mais qui pousse à la grandeur d'âme.

09:29 Publié dans Divers | Tags : lac léman, pêche, poisson | Lien permanent | Commentaires (0)

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