30/05/2007

Poulet caramel

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais j'ai une femme formidable. Parmi ses mille et une qualités (et ses deux défauts...), il y a son talent à improviser un repas succulent, comme ça, malgré le fait qu'elle travaille aussi.

Ce soir, par exemple, elle a grillé des noix de cajou presque à sec avant de les réserver. Ensuite, elle a grillé un émincé de poulet, qu'elle avait passé dans du blanc d'oeuf et de la farine. Le poulet, elle a ensuite mis de côté. Puis, elle a fait un caramel au fond de la poêle avec du sucre, un peu de vinaigre, elle y a remis le poulet. Sel, poivre, les noix de cajou par-dessus au moment de servir. Ca a pris dix minutes, et c'était meilleur que les barquettes chinoises du supermarché...

Quant à son envie de sucre... je me demande si elle ne me cache pas quelque chose...

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29/05/2007

Yvorne, village d'exception

Samedi dernier, petit tour à Yvorne qui faisait caves ouvertes. Les 22 que compte la petite commune accueillaient tout au long de la journée les amateurs, dont beaucoup de Suisses allemands qui avaient pris ce prétexte à excursion.

Premier constat: à Yvorne, on fait des chasselas d'exception. Même si on n'a pas visité les 22 caves, un tour à Maison Blanche, un autre au Clos du Rocher, un chez Philippe Gex (Pierre latine) ou à l'Ovaille permettent de comprendre combien ce terroir va à ce cépage typiquement suisse. Les prix de ces bijoux sont évidemment élevés.

Deuxième constat: à Yvorne, on sait recevoir. Petit train pour passer d'une cave à l'autre, musique partout (c'était le thème cette année), stand de produits du terroir ou sourires à rallonges, l'organisation était parfaite.

Troisième constat: à Yvorne, pour rentrer, on privilégiera le train ou un chauffeur.

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22/05/2007

Du vin tout 9

Tendance 9Mon excellent ami André Fuchs, par ailleurs directeur de Schenk, la maison de vins rolloise, s'est arrêté l'autre jour me poser quelques échantillons de sa dernière création, dont 24 heures s'était fait l'écho. Ca s'appelle Tendance 9, et c'est assez frais pour l'été. De quoi s'agit-il. En fait, l'an dernier déjà, des passionnés de vin ont voulu créer un produit pour les jeunes, histoire de rivaliser avec les alcopops et autres bières.

Le 9 du nom, c'est pour 9 degrés d'alcool. Moins fort que le vin, donc, mais deux fois une bière. Et comment on fait ça? C'est tout naturel, qu'y disent. Fermentation normale puis, dès que les 9 degrés sont atteints, on stoppe la fermentation. Du coup, il reste pas mal de sucre résiduel dans la boisson. Ce qui est rigolo, c'est que c'était destiné aux jeunes, mais que beaucoup de femmes l'ont adoptée, comme quoi le marketing peut parfois se planter.

La nouveauté de cette année, c'est que Tendance 9 est désormais commercialisé en bouteille 25 cl, histoire de se placer dans les bars et autres cantines. Décliné en blanc ou en rosé, il doit se boire très frais. On a testé à température ambiante, c'est décevant. Par contre, bien frais, dans une flûte à champagne, c'est vraiment agréable. Tellement, d'ailleurs, qu'on en oublie que la boisson a... 9 degrés. C'est traître, cette petite chose!

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20/05/2007

Une visite chez Martin

Denis et Clara MartinPetite virée l'autre soir chez Denis Martin, le chef moléculaire de Vevey dans son beau restaurant du Château. En fait, aller chez lui, c'est comme visiter un musée d'art contemporain. Il faut à la fois avoir tout appris des classiques et en même temps tout oublier de ce que l'on a appris...

Vous allez dire qu'on exagère avec Martin, avec son blog qui côtoie le mien, son blog malin où il glisse avec pétulence des petites idées, des recettes vite faites. Il est à la mode, le Martin, dans un monde culinaire romand qui cherche toujours la nouvelle star. Mais il est attachant aussi, avec sa folie d'adolescent qui croit encore que le monde ne s'arrêtera jamais, qui croit qu'il peut avoir une idée à la seconde.

L'expérience culinaire, chez lui, est forcément particulière. C'est amusant, c'est intellectuel, c'est bluffant. L'homme ne cherche pas qu'à épater son monde, il tourne autour des goûts, des textures, il possède une technique culinaire impeccable qui ressort dans certains des plats qu'il propose dans ses longs menus (15 et 20 plats, à 220 et 260 fr tout de même). Il est persuadé d'inventer la cuisine de demain, avec ses copains Adriá ou This. Et il veut la partager.

Et sa cuisine justement? On s'attendait à un laboratoire bourré de technologie... et on a trouvé un beau piano, une bouteille d'azote liquide, une machine à barbe à papa, rien, trois fois rien.

On est ressorti de cette nouvelle visite à Vevey plein de tendresse pour l'homme, d'admiration pour ses créations. Mais aussi un brin frustré par cette succession d'amuse-bouche magnifique. C'est vrai, quoi: quand c'est bon, comme cette langoustine et son yoghourt à l'orange par exemple, on en aimerait plus...

16/05/2007

Un petit tour en Valais?

Vins du ValaisVous ne savez pas quoi faire ce long week-end, pour autant que vous ayez la chance de faire le pont? Alors, direction le Valais, pour des dégustations dans les caves ouvertes. De Martigny à Salquenen, 99 caves font ouvrent leurs portes les 17, 18 et 19 mai, de 10 h 30 à 18 h. Il suffit de suivre les ballons blancs pour trouver lesquelles ou de suivre ce lien. Vous verrez qu'il y a du beau monde à visiter. Attention à déguster avec modération ou à renoncer à prendre le volant, petits coquins!

Un des lieux où il faudra s'arrêter, c'est Saint-Pierre-de-Clages. Non pas pour la magnifique église romane qui trône au milieu du village, mais parce que 15 producteurs de l'appellation Chamoson (la première commune viticole du canton) ont construit pour l'occasion un village de tentes sur le parvis de ladite église. Cela fait dix ans qu'ils organisent ainsi Vinissima. Et plus de vingt que les professionnels de l'appellation ont créé Viti 2000, une association qui a fait un travail remarquable d'étude des sols et sous-sols, de l'hygrométrie, du terroir local, de l'adéquation des cépages aux vignobles. Avec 40 cépages présents sur le territoire, il y a de quoi remplir sa cave...

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15/05/2007

Voyage andalou

Désolé pour vous, mais j'ai abandonné ma chère souris quelques jours, le temps d'un petit voyage en Andalousie, loin de tout blog. L'occasion, évidemment, de déguster moult tapas, ces petits amuse-gueules qu'on vous sert à l'apéro et qui, à force, font un repas ludique et goûteux. Bien sûr, en région touristique, c'est devenu une attraction en tant que telle. Mais c'est encore une vraie tradition dans la vie réelle. Une fois gavés de cette bonne habitude, nous nous sommes arrêtés à Ronda, dans le restaurant d'un de ces petits jeunes qui montent, le Tragabuches.

Parce que les chefs inventifs déclinent d'abord la cuisine de leur culture, de leur pays. Au Tragabuches, c'est le cas. Parmi les délices du menu, on aura apprécié cette mousse à la crête de coq (première fois que j'en mangeais...). Ou cet oeuf au chorizo (photo de gauche), qui déclinait avec bonheur une saucisse classique dans un plat moderne. Et que dire de cette saint-jacques parfaitement grillée, posée sur une gelée sans gélatine (photo droite)? Le menu est à rallonge, comme une série de tapas, dans un de ces décors comme les aiments les jeunes Espagnols, designo-ancien.

Bon, d'accord, ce n'est pas la porte à côté... Mais ça vaut la peine d'y faire un tour si vous êtes dans la région...

03/05/2007

L'amour de la plume dans un concours goûteux

Laffiche de la Semaine du goût 2007Bon, c'est un peu délicat d'en parler puisque j'en suis l'un des deux organisateurs, mais bon... ma modestie légendaire... l'intérêt des lecteurs... allons-y.

Aujourd'hui a eu lieu le lancement du nouveau concours de... nouvelles, organisé conjointement par la Semaine du goût, 24 heures et la Tribune de Genève. L'an dernier, le thème était le Polar du goût, une nouvelle policière qui devait se passer dans une cuisine romande. On a eu beaucoup d'empoisonnements, pas mal de découpage de cadavres. Et surtout un succès incroyable. 111 manuscrits étaient arrivés dans les temps. Et la qualité était plus qu'au rendez-vous. Les membres du jury avaient consacré quelques belles après-midi d'été à dévorer tout ça.

Cette année, on remet ça, donc, sur le thème de la "Cuisine amoureuse". Ah, l'amour en cuisine. Tous les sens en émoi. Ca me donne furieusement envie de participer, mais... Et on lance aussi un concours pour les moins de 16 ans. Une poésie sur le thème de "Ma Pomme". Vous voulez les règles du jeu? Pour le premier, maximum 15 000 caractères sur le thème, envoyés par mail à concoursgout@24heures.ch ou concoursgout@tdg.ch, c'est comme vous voulez. Le gagnant, outre le plaisir de voir son texte publié dans nos deux journaux et sur nos trois sites internet, gagnera un nuit pour deux au Lausanne Palace, avec libre accès au spa et repas tout compris à la Table d'Edgar. Pour les jeunes, une poésie d'au maximum une page A4, à envoyer à la même adresse. Et un iPod nano à gagner.

Je me réjouis déjà de vous lire, avec les autres membres de ce prestigieux jury, Gérard Rabaey, chef du Pont-de-Brent, Denise Campiche, lauréate du concours 2006, Pascal Rebetez, éditeur et journaliste à la TSR, Nathalie Chaix, lauréate du prix Georges-Nicole 2007, Floriane Bornet, journaliste RSR, Marc Rosset, cofondateur de la Semaine du goût.

 

13:19 Publié dans Produits | Lien permanent | Commentaires (1)

02/05/2007

David Berger ferme sa Terrasse

David Berger a une double casquette. D'une part, il gère sa Terrasse à Corseaux, au-dessus de Vevey, où il propose une cuisine inventive et un peu fofolle dans de vieux murs. D'autre part, il a repris l'Auberge communale de Pont-de-Nant, aux Plans-sur-Bex. Il vient de nous annoncer qu'il allait devoir fermer sa Terrasse à mi-mai, le bâtiment qu'il occupe allant devenir une maison d'habitation. Dommage...

01/05/2007

Hommage à un homme discret

Adol BlockbergenLa nouvelle de la retraite, puis très rapidement du décès d'Adolf Blockbergen nous a attristé. Et nous rappelle la dure réalité de ce métier de cuisinier. Parce que les chefs sont comme des artistes, qui doivent toujours se renouveler. Pas facile d'atteindre le sommet du panier. Mais quelle difficulté de s'y maintenir. Parce que les critiques gastronomiques, parce que les clients aiment les nouveautés qui en jettent...

Adolf Blockbergen était de l'école des Girardet, des Stucki, des Pierroz, de cette école qui avait renouvelé la cuisine classique, sans en dénier les fondements. Il avait fait de son Auberge du Raisin, à Cully, une table renommée, distinguée, luxueuse. Il avait intégré des éléments méditerranéens ou asiatiques, sans jamais tricher sur la qualité. Mais comme l'homme était timide, il le faisait parfois loin des projecteurs, sortait peu de sa cuisine pour faire parler de lui. Alors, certains l'ont un peu oublié. Pourtant, une escale au Raisin restait un gage de qualité, d'imagination et de tradition.

A l'heure où il aurait pu enfin se reposer, après ce métier de chien qui vous bouffe toutes les heures de la journée, il est parti. Comme toujours, discrètement. On regrettera l'homme. Et on souhaitera tout le bien possible à son second qui reprend le piano de Cully.