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14/03/2007

Un gentleman-vigneron

Louis-Philippe BovardFranchement, je suis un garçon chanceux. L’autre jour, sur ce blog, André Rochat m’invitait à une soirée de dégustation à l’Auberge de l’Onde, à Saint-Saphorin, pour découvrir les vins de Louis Philippe Bovard, à Cully. Et j’ai eu bien raison d’accepter. Pour plein de raisons…

La première fut de faire la connaissance d’André Rochat lui-même. Un jeune homme dynamique et sympathique avec lequel nous nous sommes découvert plein de passions communes, en particulier pour la bonne nourriture.

La seconde fut de passer la soirée à côté d’un gentleman-vigneron. Louis Philippe Bovard est un ovni dans le monde viticole vaudois. Bien qu’il soit représentant de la 10e génération du Domaine Bovard et que sa maman soit une Massy d’Epesses, LPB commence sa carrière par des études de droit et d’HEC. Après une belle carrière professionnelle, ce n’est qu’en 1982 qu’il revient au domaine. Et il aborde le monde du vin avec passion, certes, mais aussi avec ce regard d’entrepreneur qui se fixe des objectifs et qui cherche à les accomplir. Pionnier, il recherche les meilleures harmonies entre cépages et terroir, lance des études sur tous les sols vaudois, anticipe la biodynamique, produit sans malolactique, tente le chenin blanc alors interdit en Suisse. Il est un des fondateurs de la Baronnie du Dézaley, d’Arte Vitis. Et, aujourd’hui, il est un des cinq Suisses sélectionnés par Bettane et Désseauve dans le guide Les plus grands vins du monde. Pas mal, non?

Louis Philippe, en maître de soirée à l’Onde, a donc choisi les recettes (de sa femme, surtout) qu’a confectionnées Gérard Cavuscens, et les a accompagnées de certains de ses nombreux vins. En apéro, un Saint-Saphorin L’archevesque 2005 a démontré la justesses du choix du maître: peu de carbonique grâce à du bâtonnage et 8 à 10 mois en foudre de chêne. C’est du chasselas vaudois, oui, mais cela va bien au-delà. Puis un Salix 2004 a permis de profiter de ce célèbre chenin. Présent à 80%, avec 20% de chasselas, ce cépage de la Loire a démontré toute sa noblesse minérale avec une dodine de perche et truite. Ca commence bien, non?

Et les petits veinards ont continué sur un Saint-Saphorin Fumé 2003. Chasselas roux, élevé en barrique pendant 11 mois, on découvre soudain que le cépage vaudois, bien vignifié, peut accompagner la gastronomie, même cette crème rustique de pois et de fèves au foie gras. L’aiguillette de boeuf confite au vin rouge nécessitait un vin puissant, un Saint-Saphorin Cuvée Louis 2003. Assemblage de pinot noir, merlot et syrah, voilà un vin qui m’a coupé le souffle. C’était puissant, complexe en arômes, franc, équilibré. Un grand grand vin!

Et on continue encore avec le gruyère caramel de Duttweiler que souligne un Dézaley Médinette 2000 Grand Cru. Car Louis Philippe Bovard se bat pour le Dézaley, terroir d’exception pour le chasselas, dit-il, et pour des blancs de garde. Un chasselas élevé sur lie, bâtonné régulièrement, 10 à 15 mois en foudre de chêne. Le jury qui sélectionne les Grands Millésimes du Dézaley ne s’y est pas trompé.

Bon, en très résumé, on a passé une grande soirée, à côté d’un grand monsieur, avec des grands vins et de la grande cuisine. Ce fut grand, quoi…

17:27 Publié dans Vins | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Monsieur Bovard, s'il vous plaît, pourriez-vous me redonner la recette de votre épouse, celle de la de soupe aux fèves? C'était délicieux... Merci

Écrit par : Ariane | 28/03/2007

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